VINCENT CARLIER

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Hortillonnages Amiens 2011, art, villes et paysage

24 juin 2011 - 00:00

organisé par la Maison de la Culture d’Amiens.

amiens - art contemporain - sculpture - lotos - origami

LOTOSAÈDRE

Le projet Lotosaèdre est une sculpture flottante faite de matériaux de constructions ordinaires.

Cette structure quasi florale empreinte à la simplicité formelle de l’origami et à l’esthétique des modes d’architecture alternative (dômes géodésiques, zomes).

Lotosaèdre est un néologisme composé de lotos, lotus en grec ancien et èdre qui désigne les faces d’un solide.

Dans l’Odyssée, Ulysse envoie trois hommes en reconnaissance sur la terre des Lotophages. Ceux-ci mangent le lotos qui leur est offert et « dès qu’ils eurent mangé le doux lotos, ils ne songèrent plus ni à leur message, ni au retour ; mais, plein d’oubli, ils voulaient rester avec les Lotophages et manger du lotos. »

Il y a deux mille ans, 10 000 hectares de marais s’étendaient aux portes de Samarobriva, la cité des Ambianis. Jadis considérée impénétrable, longtemps insalubre, cette zone marécageuse a été assainie, drainée, défrichée, aménagée en parcelles de terre sorties de l’eau. Ces jardins flottants sont devenus un espace de production maraîchère, avec une fonction nourricière pour la cité, grâce à leur terre riche, une tourbe nourrie des eaux de la Somme et de l’Avre. Des « hortulani dans des hortellus », « des jardiniers
dans des petits jardins », voilà comment les soldats romains avaient baptisé les hortillonnages d’Amiens et les maraîchers. Les hortillonnages ont été cultivés tout au long de l’histoire de la cité amiénoise, de manière  particulièrement intensive au moyen âge, parvenant à faire travailler jusqu’à un millier de personnes au XIXème siècle. On l’appelait « la Venise des légumes ».
Aujourd’hui, ce marais de 300 hectares, où l’eau occupe une centaine d’hectares, s’étend du cœur de la ville (au pied de la cathédrale) jusqu’aux communes alentours (Camon, Rivery, Longueau,…), mais il ne fait plus vivre que sept hortillons* qui exploitent 25 hectares et vendent leur production sur les marchés et à la grande distribution.  Des jardins d’agrément et privatifs s’étendent sur une trentaine d’hectares et ailleurs, la friche reprend ses droits sur les zones non cultivées. L’existence des hortillonnages, volet essentiel de l’histoire des Amiénois, est totalement dépendante de l’activité humaine, et l’abandon de l’entretien des parcelles représente un véritable danger pour cet espace insolite, poétique et unique.

* hortillon : maraîcher professionnel  n’utilisant pas d’engrais et de pesticide  pour cultiver ses légumes.